Sloterdijk, in french

Sphères I. Bulles
 
… l’ère du cercle de l’unité, l’unique, le plus grand, celui qui enveloppe toute chose et celle de ses exégètes courbés est irrévocablement passée. L’image morphologique du monde que nous habitons n’est plus la sphère mais l’écume. La mise en réseau actuel qui encercle la terre entière ne représente pas tant d’un point de vue structurel une globalisation qu’une écumisation (p. 80). 
 
« la pensée dans l’écume c’est la navigation dans des courants instables » (p. 85).
 
« la navigabilité peut partiellement remplacer la transparence » (p. 85)
 
À la question d’inspiration gnostique : où sommes nous quand nous sommes dans le monde ? on peut apporter une réponse contemporaine et compétente. Nous sommes dans un extérieur qui porte des mondes intérieurs […] (p. 30).
C’est la raison pour la quelle la recherche de notre où est plus sensée que jamais : car elle s’interroge sur le lieu que produisent les hommes pour avoir ce en quoi ils peuvent apparaître comme ceux qu’ils sont. Ce lieu porte ici, en mémoire d’une respectable tradition, le nom de sphère (p. 31).
 
 
Sphères II. Globes
 
« pratiquer la théologie c’est participer à des escalades »  (p. 255)
 
« On admet ainsi que le centre du monde physique et le centre du bien ne coïncident pas » (p. 375)
 
La ville vient à elle en tant que condition autonome de possibilité d’un monde conçu, autogéré, auto approvisionné et autoalimenté. La ville est ce qui rend pensables des
fonctions d’auto contention qui résultent de la nécessité d’animer un grand nombre d’hommes à l’intérieur d’une sphère de sens avec des motifs communs et des représentations solidaires de l’espace (p. 273).
 
 
Sphères III, propose […] une théorie de l’époque contemporaine, sous le point de vue que la “vie” a un déploiement multifocal, multiperspectiviste et hétérarchique. […] La vie s’exprime sur des scènes simultanées et imbriquées les unes dans les autres, elle se produit et se consomme dans des ateliers en réseaux ; elle se met dans l’espace où elle se trouve et qui se trouve en elle d’une manière toujours spécifique. […] Il faudrait repenser la relation entre le savoir et la vie en des termes encore plus globaux que les réformistes du XXe siècle ne l’ont eu a l’esprit. La philosophie, en tant que forme de pensée et de vie de l’ancienne Europe, est indéniablement épuisée ; la biosophie vient tout juste d’entamer son travail ; la théorie des atmosphères se consolide à peine et laborieusement ; la Théorie Générale des systèmes immunitaires et des systèmes communs en est à ses débuts [voir Roberto Esposito et Philippe Caspar] ; une théorie des lieux, des situations, des immersions se met timidement en marche [voir Homi K. Bhabha, Volker Demuth et Hermann Schmitz], le remplacement des sociologie par la théorie des réseaux d’acteurs est une hypothèse encore peu reçue [voir Bruno Latour sur Gabriel Tarde et Politiques de la nature] […] L’image mentale sereine de l’écume nous sert à reconquérir le pluralisme prémétaphysique des inventions du monde. […] La phrase “Dieu est mort” est confirmée dans son rôle de bonne nouvelle de notre temps. On pourrait la reformuler : La Sphère Une a implosé. Mais quoi les écumes vivent. Si les mécanismes de la récupération par les globes simplificateurs et les totalisations impériales sont percées à jour, cela n’explique justement pas pourquoi les hommes devraient jeter par la fenêtre tout ce qu’ils considéraient comme grand, animant et précieux. Dire que le Dieu nocif du consensus est mort, c’est reconnaître les énergies avec lesquelles on reprend le travail – ce sont forcément les mêmes que celles qui étaient absorbées par l’hyperbole métaphysique. Lorsqu’une grande exagération a fait son temps, des essaims d’essors plus discrets s’élèvent.” p. 18-20
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